Pour augmenter les moyens des services de psychologies pour les jeunes et diminuer le temps d'attante pour le 3114
Pétitions citoyennes
Pour augmenter les moyens des services de psychologies pour les jeunes et diminuer le temps d'attante pour le 3114
Dans l'imaginaire, un enfant rentre de l'école, ses parents viennent le chercher, l'aident à faire ses devoirs, l'enfant joue aux jeux vidéo avec ses amis puis va dormir. À l'école, il écoute les cours, participe à l'oral et rigole beaucoup avec ses potes.
Dans la réalité, nous rentrons à la maison seuls, souvent avec des trajets insoutenables, des bus jamais là. Nous hésitons à ouvrir la porte de la maison et, en l'ouvrant, nous voyons des canettes de bière sur la table et nous entendons des cris venant du salon. Nous entrons dans notre chambre puis pleurons. Nous faisons nos devoirs par obligation, certains ne les font même plus sous l'intensité du mal-être.
En allant à l'école le lendemain, personne ne nous attend à l'entrée. Nous arrivons en cours et nous nous sentons moqués de tous les côtés. La vie sociale existe presque plus et des élèves s'amusent à nous lancer des bouts de gomme et à se moquer de nos mauvaises réponses.
Si cette réalité vous semble être des cas à part, détrompez-vous : c'est le quotidien de nombreux jeunes partout en France.
Aujourd'hui, le suicide et les conduites suicidaires représentent un problème majeur chez les jeunes. Je viens vous en parler car moi et plusieurs de mes amis sommes victimes de mal-être. Je suis personnellement suivi par une psychologue régulièrement, mais mes amis ne le sont pas tous.
Eux comme moi avons des scarifications, eux comme moi avons eu des pensées suicidaires, eux comme moi avons des raisons différentes de l'être : harcèlement scolaire et cyberharcèlement, situation familiale complexe, situation sociale ou amoureuse presque impossible, et j'en passe.
Le gouvernement a mis en place le numéro de prévention contre le suicide 3114, mais personnellement, sur 10 tentatives d'appel, seule 1 fois j'ai réussi à les joindre, car souvent le temps d'attente dépasse les 50 minutes.
Lorsqu'on est en situation d'urgence, 50 minutes sont insoutenables.
Pendant une de ces attentes, j'avais un couteau entre les mains. Dans ces moments-là, attendre aussi longtemps peut être extrêmement difficile et dangereux pour une personne en crise.
Les groupes Phare dans nos établissements scolaires ne suffisent visiblement pas. Je ne citerai aucun nom, mais une amie harcelée depuis 1 an n'a vu aucune action de la part de son établissement bien qu'elle en ait parlé, et cela n'est pas un cas à part.
Si vos solutions aujourd'hui sont de parler à des psychologues, vu la quantité d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes en danger, les quantités de cabinets actuels ne suffiront pas.
Trouver un rendez-vous avec un ou une psychologue est déjà un défi aujourd'hui. En trouver avec un psychiatre est très rare.
Quand nous sommes dans l'urgence, attendre 6 mois ne sert à rien. La souffrance mentale peut déjà être accompagnée ou remplacée par des douleurs physiques : automutilation, brûlures, prises excessives de médicaments, qui peuvent parfois mener à une fin tragique.
Je ne vous écris pas en tant qu'expert. Je vous écris en tant que jeune de 16 ans qui vit cette réalité et qui la voit également autour de lui.
Tout ce que je vous demande est de trouver des solutions plus efficaces pour, d'une part, limiter les souffrances qui sont bien plus répandues que ce que vos statistiques peuvent montrer et, d'autre part, aider plus efficacement et plus rapidement les jeunes en danger ou dans le besoin extrême
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