Après 50 ans, garantir un accès effectif à l’emploi sans discrimination liée à l’âge
Pétitions citoyennes
Après 50 ans, garantir un accès effectif à l’emploi sans discrimination liée à l’âge
La durée de la vie professionnelle s’allonge. Mais cette évolution pose une question indissociable : les personnes qui perdent leur emploi après 50 ans disposent-elles réellement des mêmes possibilités de retrouver un travail jusqu’à leur retraite ?
Cette pétition ne demande pas au Conseil économique, social et environnemental de se prononcer sur l’âge légal de départ à la retraite.
Elle porte sur une question précise :
l’accès et le retour à l’emploi des personnes de 50 à 64 ans, les éventuels effets de l’âge dans les processus de recrutement et l’effectivité du principe de non-discrimination.
Un écart d’accès à l’emploi qui mérite d’être étudié
Les données publiques montrent que l’âge est associé à des difficultés croissantes de retour à l’emploi.
France Travail constate que, parmi les demandeurs d’emploi entrés sur ses listes au premier trimestre 2025, 37,2 % des personnes âgées de 50 ans et plus ont accédé à un emploi dans les six mois suivant leur inscription, contre 47,5 % des 26–49 ans.
Ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer cet écart à une discrimination liée à l’âge. Ils montrent en revanche qu’un écart existe et qu’il mérite d’en identifier précisément les causes.
Le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail ont par ailleurs constaté que l’âge demeure parmi les premiers motifs de discrimination rapportés lors de la recherche d’emploi.
Pourtant, le droit est clair : l’article L.1132-1 du Code du travail interdit qu’une personne soit écartée d’une procédure de recrutement en raison notamment de son âge.
La question n’est donc pas seulement de savoir si le principe de non-discrimination existe.
Il s’agit de savoir s’il est pleinement effectif dans les pratiques de recrutement.
Une consultation citoyenne qui fait apparaître un ressenti massif
En août 2026, une consultation citoyenne en ligne consacrée à l’emploi des 50–64 ans a recueilli 1 122 répondants uniques et 754 commentaires.
Cette consultation était volontaire et ouverte. Elle ne constitue donc pas un sondage représentatif de l’ensemble de la population française et ses résultats ne doivent pas être extrapolés à celle-ci.
Ils constituent néanmoins un matériau citoyen qui mérite d’être entendu.
Parmi les personnes ayant répondu :
87,1 % déclarent que leur âge a certainement ou probablement constitué un obstacle dans leur parcours professionnel ;
80,3 % estiment qu’à compétences comparables, les chances d’être recruté ne sont pas les mêmes selon l’âge.
Les commentaires recueillis décrivent notamment des recherches d’emploi qui s’allongent, le sentiment de ne plus accéder aux entretiens, des interrogations sur la perception du coût salarial ou de l’adaptabilité des candidats expérimentés et, plus généralement, le sentiment que l’âge peut intervenir avant même l’évaluation réelle des compétences.
Ces témoignages ne constituent pas la preuve individuelle d’une discrimination.
Ils justifient en revanche que la question soit objectivement documentée.
Des dispositifs nouveaux existent
La loi du 24 octobre 2025 relative notamment à l’emploi des salariés expérimentés a introduit de nouvelles mesures destinées à favoriser leur recrutement et leur maintien dans l’emploi.
Ces évolutions sont récentes. Elles rendent d’autant plus nécessaire la construction d’indicateurs permettant de déterminer, dans la durée, si les obstacles rencontrés par les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans diminuent réellement.
Ce que nous demandons au CESE
Nous demandons au Conseil économique, social et environnemental de se saisir spécifiquement de la question de l’accès et du retour à l’emploi des personnes de 50 à 64 ans au regard de l’âge dans les processus de recrutement.
Nous lui demandons notamment :
- de documenter les écarts d’accès et de retour à l’emploi selon l’âge, en tenant compte des autres facteurs susceptibles de les expliquer ;
- d’étudier la place des stéréotypes et des biais liés à l’âge dans les différentes étapes du recrutement ;
- d’évaluer l’effectivité des dispositifs existants destinés à prévenir les discriminations liées à l’âge et à favoriser le recrutement des travailleurs expérimentés ;
- d’examiner les effets des mesures issues de la loi du 24 octobre 2025 sur le recrutement et le retour à l’emploi des personnes concernées ;
- d’identifier les méthodes de recrutement permettant de mieux apprécier les compétences, aptitudes et capacités professionnelles tout en réduisant le risque de biais lié à l’âge ;
- de proposer des indicateurs publics permettant de suivre dans le temps l’accès au recrutement et le retour à l’emploi des personnes de 50 ans et plus ;
- et, à partir de ces travaux, de formuler des préconisations à destination des pouvoirs publics, partenaires sociaux, employeurs et acteurs du recrutement.
Il ne s’agit ni d’opposer les générations ni de demander une préférence à l’embauche fondée sur l’âge.
Il s’agit de déterminer si une personne qui souhaite et peut travailler bénéficie réellement d’un accès au recrutement fondé sur ses compétences et ses aptitudes professionnelles, quel que soit son âge.
Pouvoir travailler plus longtemps suppose aussi de pouvoir retrouver un emploi lorsque l’on en perd un après 50 ans.
C’est sur cette question précise que nous demandons au Conseil économique, social et environnemental de se prononcer.
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