LA TIMIDITÉ : UN HANDICAP MENTAL QUI MÉRITE D’ÊTRE RECONNU
Pétitions citoyennes
LA TIMIDITÉ : UN HANDICAP MENTAL QUI MÉRITE D’ÊTRE RECONNU
Proposition citoyenne pour une meilleure reconnaissance de la timidité comme handicap
Introduction
Je souhaite aujourd'hui faire entendre une réalité qui, selon moi, est trop souvent minimisée : la timidité peut être un véritable handicap mental.
Je ne parle pas ici d'une simple préférence pour rester discret, ni du fait d'être quelqu'un de calme ou de réservé.
Je parle de la timidité qui s'impose à une personne, qui apparaît sans qu'elle l'ait choisie et qui peut prendre une place considérable dans sa vie.
On ne choisit pas d'être timide.
Personne ne se réveille un matin en décidant : « À partir d'aujourd'hui, je vais avoir peur de parler, je vais avoir du mal à m'exprimer et je vais laisser passer certaines occasions parce que je n'arrive pas à dépasser ma timidité. »
La timidité apparaît parfois naturellement, sans que la personne l'ait demandée.
Et c'est précisément pour cette raison que je considère qu'elle mérite d'être davantage reconnue.
1. Une chose que l'on ne choisit pas
Lorsque quelqu'un est timide, on lui dit souvent :
« Il faut avoir confiance en toi. »
« Parle davantage. »
« Fais un effort. »
« Tu verras, ça passera. »
Mais pour une personne profondément timide, ces phrases ne règlent pas le problème.
Si la timidité était simplement une décision, il suffirait de décider de ne plus être timide.
Or ce n'est pas comme cela que cela fonctionne.
Une personne peut avoir envie de parler et pourtant ne pas réussir à le faire.
Elle peut avoir quelque chose d'important à dire et rester silencieuse.
Elle peut connaître la réponse et ne pas réussir à prendre la parole.
Elle peut vouloir demander quelque chose et finalement renoncer.
Elle peut vouloir défendre ses intérêts et ne pas parvenir à s'affirmer.
Elle peut vouloir saisir une opportunité professionnelle ou personnelle et se retrouver bloquée par sa timidité.
Ce décalage entre ce que la personne veut faire et ce qu'elle arrive réellement à faire peut devenir extrêmement lourd à vivre.
2. Pourquoi je considère que cela peut être un handicap mental
Selon moi, lorsque la timidité est suffisamment importante pour empêcher une personne de fonctionner comme elle le souhaiterait dans sa vie quotidienne, elle dépasse le simple trait de personnalité.
Elle devient un véritable obstacle.
La personne peut être intelligente.
Elle peut être compétente.
Elle peut avoir des connaissances.
Elle peut être motivée.
Elle peut avoir des projets.
Elle peut savoir exactement ce qu'elle veut.
Et pourtant, sa timidité peut l'empêcher de montrer tout cela aux autres.
C'est cette réalité que je souhaite faire reconnaître.
Le problème n'est pas nécessairement ce que la personne est capable de faire. Le problème peut être ce que sa timidité l'empêche de montrer ou d'exprimer.
Cela peut avoir des conséquences dans les études, dans le travail, lors des entretiens, dans les relations avec les administrations, dans les relations sociales et dans de nombreuses situations de la vie quotidienne.
3. Un handicap qui ne se voit pas
La timidité est également particulière parce qu'elle est souvent invisible.
Une personne peut sembler parfaitement normale de l'extérieur.
Les autres peuvent penser qu'elle est simplement silencieuse.
Ils peuvent penser qu'elle n'a rien à dire.
Ils peuvent penser qu'elle n'est pas intéressée.
Ils peuvent même penser qu'elle est froide ou distante.
Alors qu'en réalité, la personne peut être en train de lutter intérieurement pour réussir à parler ou à participer à une situation.
Le fait qu'un handicap ne soit pas visible ne signifie pas qu'il n'existe pas.
Je considère donc qu'il est important que les pouvoirs publics réfléchissent davantage à cette réalité.
4. Les conséquences peuvent être importantes
Une timidité importante peut avoir des conséquences dans de nombreux domaines.
Elle peut notamment rendre extrêmement difficile :
– parler devant plusieurs personnes ;
– prendre la parole dans un groupe ;
– téléphoner ;
– rencontrer de nouvelles personnes ;
– parler à un supérieur hiérarchique ;
– passer un entretien d'embauche ;
– demander une information ;
– défendre ses droits ;
– exprimer son désaccord ;
– demander de l'aide ;
– exprimer ses difficultés ;
– faire certaines démarches ;
– créer des relations sociales ;
– saisir certaines opportunités professionnelles.
À force, la personne peut finir par éviter certaines situations simplement parce qu'elle sait qu'elle devra parler ou s'exposer.
Elle peut alors avoir l'impression que sa propre timidité dirige une partie de sa vie à sa place.
5. On ne devrait pas demander à une personne de simplement « arrêter »
Je trouve injuste de considérer que la personne pourrait régler son problème simplement en faisant davantage d'efforts.
On ne demanderait pas à une personne ayant une difficulté réelle de simplement « décider » de ne plus avoir cette difficulté.
Pourquoi devrait-il en être autrement pour la timidité ?
La personne timide ne demande pas nécessairement à être différente.
Elle demande simplement que ce qu'elle vit soit compris et pris au sérieux.
Elle ne demande pas qu'on considère toutes les personnes timides comme handicapées.
Elle demande que l'on puisse reconnaître que, dans certaines situations, la timidité peut devenir suffisamment importante pour constituer un véritable handicap dans la vie.
6. Ce que je demande à l'État
Je souhaite que l'État reconnaisse davantage la réalité de la timidité sévère et ouvre une réflexion sur sa reconnaissance comme handicap mental lorsqu'elle entraîne des limitations importantes et durables dans la vie de la personne.
Je demande notamment :
– une meilleure reconnaissance de la timidité sévère ;
– davantage d'information sur cette réalité ;
– une meilleure prise en compte des personnes très timides dans le monde du travail et dans les études ;
– une réflexion sur les éventuelles adaptations permettant à ces personnes de ne pas être pénalisées uniquement en raison de leur difficulté à s'exprimer ;
– une meilleure écoute des personnes concernées ;
– et surtout, que la timidité ne soit plus systématiquement considérée comme un simple défaut de personnalité ou comme un manque de volonté.
7. Je ne demande pas que toute personne timide soit considérée comme handicapée
Cette précision est importante.
Je ne demande pas que chaque personne qui dit « je suis timide » obtienne automatiquement une reconnaissance de handicap.
Je demande que l'on reconnaisse les situations dans lesquelles la timidité devient réellement invalidante.
Il existe différents degrés de timidité.
Pour certaines personnes, elle est légère et ne pose pas de véritable problème.
Pour d'autres, elle peut prendre une place beaucoup plus importante et avoir des conséquences considérables sur leur vie.
C'est cette deuxième réalité que je souhaite faire connaître.
8. Pourquoi cette reconnaissance est importante
Reconnaître une difficulté ne signifie pas enfermer une personne dans une étiquette.
Au contraire.
Reconnaître une difficulté peut permettre de mieux la comprendre, de mieux l'accompagner et d'éviter que la personne soit constamment jugée ou culpabilisée.
Je souhaite que les personnes très timides puissent un jour dire :
« Je ne suis pas incapable. Je ne suis pas paresseuse. Je ne manque pas forcément de volonté. Je suis confrontée à une timidité qui peut constituer un véritable handicap dans ma vie. »
Et que cette parole soit entendue.
Conclusion
Je souhaite que la France accepte d'ouvrir un véritable débat sur cette question.
La timidité n'est pas choisie.
Elle peut apparaître sans que la personne l'ait décidée.
Elle peut accompagner une personne pendant des années.
Elle peut l'empêcher de faire certaines choses qu'elle aimerait pourtant faire.
Elle peut limiter ses relations, ses études, son travail, ses démarches et ses possibilités.
Et lorsqu'une difficulté invisible empêche durablement une personne de participer pleinement à la vie sociale et professionnelle, je considère qu'il est légitime de demander à l'État de se pencher sérieusement sur cette réalité.
Je demande donc que la timidité sévère soit étudiée et reconnue comme pouvant constituer un handicap mental lorsqu'elle devient suffisamment invalidante.
Je ne demande pas un privilège.
Je demande que l'on reconnaisse une réalité vécue par des personnes qui, trop souvent, souffrent en silence.
Parce qu'on ne choisit pas d'être timide.
Et parce qu'une difficulté que l'on ne choisit pas et qui peut profondément limiter une vie mérite d'être prise au sérieux.
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